aux mots doux
aux mots douxJe dois t’effacer.
Avant qu’on te piétine.
Avant qu’on t’humilie.
Avant qu’on confonde ta lumière
Avec une faiblesse.
Cache-toi.
Rentre dans les codes.
Range ta douceur.
Ton empathie.
Ton sourire —
celui qui ouvre trop de portes
aux mauvaises personnes.
Deviens silence.
Deviens mur.
Deviens inaccessible.
C’est le seul langage
qu’ils respectent encore.
Ta clarté ?
Ils disent que c’est de l’immaturité.
Ta complexité ?
Ils la diagnostiquent.
Ta sensibilité ?
Ils la vident.
Ils te pompent.
Ils t’éteignent.
Et tu sais…
tu sais comment ça finit.
C’est toi qui restes debout.
Seule.
Encore seule.
Alors oui,
je dois t’effacer.
Mais juste un temps.
Juste le temps d’apprendre
à ne plus te livrer
à ceux qui prennent
sans donner.
Parce qu’en vrai…
je t’entends.
Tu pulses.
Tu brûles.
Même cachée.
Tu n’es pas un danger.
Tu es ma vérité.
Ma lumière.
Ma profondeur.
Alors non.
Je ne t’effacerai pas.
Je te protège.
Je te garde.
Je te respire.
Je suis faite d’ombre,
de feu,
de lumière retenue.
Et maintenant,
je marche entière.
Et ma lumière…
Je la garde.
Pour moi.
0