aux mots doux
aux mots douxToi, mon père que j’admirais, mais que je craignais,
Mélange d’amour, de silence et de regrets.
À peine ma bouche osait s’entrouvrir,
Que ta colère, déjà, venait me punir.
Je te pardonne, papa, malgré les cicatrices,
Je te pardonne, papa, même si l’enfance fut supplice.
Si j’avais le malheur de me tromper,
Tes mains, sans pitié, venaient s’abattre, frapper.
Et à chaque coup, la haine s’élevait,
Un feu amer que rien n’apaisait.
Je te pardonne, papa, malgré les cicatrices,
Je te pardonne, papa, même si l’enfance fut supplice.
Pourtant, dans les instants où tombait ton armure,
J’aurais voulu t’aimer d’une tendresse pure.
Je crevais d’envie de t’ouvrir mes bras,
De serrer l’homme blessé que je voyais en toi.
J’ai grandi déchirée entre fuir ou m’approcher,
Dans un silence lourd, impossible à briser.
Tu n’as jamais su lire ce cœur consumé,
Entre haine et déni, une jeunesse abîmée.
Je te pardonne, papa, malgré les cicatrices,
Je te pardonne, papa, même si l’enfance fut supplice.
Aujourd’hui tu reposes, là-haut dans le ciel,
Et moi, libérée, je dépose ce rituel.
Au creux de ton oreille, enfin je murmure :
Ces mots que j’attendais, ces mots que je t’assure…
Je te pardonne, papa, malgré les cicatrices,
Je te pardonne, papa, même si l’enfance fut supplice.
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